Le loyer dévore l’avenir
Le locataire accomplit un petit miracle chaque mois : il transforme une grande partie de son travail en droit de rester exactement là où il est. Puis il recommence. Le logement est entretenu. L’hypothèque de quelqu’un d’autre diminue. Son propre avenir attend dans le corridor.
En 2025, le marché locatif canadien s’est « détendu ». Le taux d’inoccupation des immeubles locatifs est passé de 2,2 % à 3,1 % dans les grands marchés. Pendant ce temps, le loyer moyen d’un deux chambres a encore grimpé de 5,1 %, jusqu’à 1 550 $.
En 2022, 33 % des locataires dépensaient au moins 30 % de leur revenu pour se loger, contre 16,1 % des propriétaires. Dans la région de l’Île de Vancouver et de la côte, la proportion atteignait 39,3 % chez les ménages locataires; 24 % étaient en besoins impérieux de logement.
Un logement disponible que vous ne pouvez payer est une fenêtre éclairée, pas une option.
La vie change. Le loyer vous punit.
Séparation. Nouvel emploi. Bébé. Maladie. Éviction. Les raisons les plus humaines de déménager déclenchent l’une des machines les plus cruelles du marché : le roulement.
En 2025, la SCHL estimait que les hausses au changement de locataire représentaient environ 40 % de la croissance globale des loyers des deux chambres. La personne qui garde son ancien bail conserve une forme d’épargne invisible. Celle qui doit bouger tombe dans le prix courant — chaque mois, sans date de fin.
≈ 40 % de la croissance du loyer des deux chambres provenait du roulement
Ce système crée deux villes superposées : celle des ménages qui s’accrochent à une ancienne entente et celle des nouveaux arrivants qui paient une prime pour avoir osé apparaître aujourd’hui.
L’offre sans pouvoir est un mirage
Oui, il faut construire. Une ville qui bloque les appartements, interdit les formes modestes près des services et transforme chaque approbation en épreuve d’endurance fabrique sa propre rareté.
Mais une grue n’est pas une politique de logement. Un logement neuf peut être hors de prix. Un financement public peut enrichir le terrain sans créer une abordabilité durable. Une tour peut ajouter des unités tout en soustrayant les voisins qui attendaient le soulagement.
Le contrôle des loyers protège les locataires en place, tout en pouvant créer des compromis sur la mobilité, l’entretien et l’offre selon sa conception. Alors faisons preuve de précision : protéger les ménages et construire; réglementer et acquérir; financer et exiger que l’abordabilité survive au communiqué de presse.
Le logement fait tourner tout le reste
Quand une infirmière ne peut habiter près de l’hôpital, c’est un problème de santé. Quand un apprenti quitte la région, c’est un problème économique. Quand une famille change d’école chaque année, c’est un problème éducatif. Quand une personne reste dans une relation dangereuse parce qu’aucun loyer n’est possible, le « marché » devient une cage.
recrutement + stabilité
métiers + entreprises
familles + continuité
partir + essayer + choisir
En 2024, 45 % des Canadiens se disaient très préoccupés par leur capacité à payer le logement ou le loyer. Trente-cinq pour cent avaient de la difficulté à répondre à leurs besoins financiers; 34 % disaient que la hausse des coûts du logement leur avait causé d’importantes difficultés.
Le logement n’est pas un secteur. C’est le système d’exploitation de la vie quotidienne.
Construisez des sorties, pas des slogans
Un marché sain a besoin de propriétaires responsables et de logements privés. Une société saine a aussi besoin d’options qui ne dépendent pas de la maximisation du loyer. Les sorties existent déjà; nous les avons simplement laissées sous-financées.
Coopératives
Le paiement entretient le logement et le contrôle demeure chez les membres.
Fiducies foncières
Le terrain sort de la spéculation et l’abordabilité peut survivre aux générations.
Acquisition
Des organismes achètent les immeubles locatifs avant que la vente ne déplace les résidents.
Logement public
Un plancher de sécurité permanent au lieu d’un refuge après la catastrophe.
Équité partagée
Un passage vers la propriété qui conserve une partie du gain public pour le prochain ménage.
Pouvoir locataire
Associations, application rapide des droits et voix réelle dans les grands ensembles.
Transformez le paiement en participation
Le pacte actuel dit trop souvent : payez pour toujours, ne bâtissez aucun actif, puis remerciez le ciel d’avoir trouvé une porte. Une meilleure architecture envoie l’argent mensuel vers l’entretien, la stabilité, le remboursement collectif, de nouveaux logements et une capacité qui demeure dans la communauté.
Il ne s’agit pas de faire de chaque paiement une manne privée. Il s’agit de faire en sorte que des millions de paiements mensuels bâtissent des logements, la sécurité et une autre issue — pas seulement l’avenir de quelqu’un d’autre.
L’équité ne consiste pas à rendre l’enfer légèrement moins chaud. Elle consiste à construire une sortie.
Sources suivies
- Rapport sur le marché locatif — 2025 — Société canadienne d’hypothèques et de logement
- Abordabilité du logement au Canada, 2022 — Statistique Canada
- Expériences des Canadiens en matière de difficultés liées au logement, 2024 — Statistique Canada
- Profil du recensement, 2021 — Île de Vancouver et la côte — Statistique Canada
- Contrôle des loyers et abordabilité des logements locatifs au Canada — Société canadienne d’hypothèques et de logement